Neuf histoires de compassion tirées des Évangiles
Il est facile de dire que nous devons aimer notre prochain comme nous-même, mais en quoi cela consiste-t-il réellement ?
En réfléchissant à ce que « aimer notre prochain » représente, qu’est-ce qui nous vient à l’idée ? Faut-il simplement nous associer par sympathie à la détresse des autres ou exprimer combien nous sommes peinés de leur sort ?
En fait, la sympathie à elle seule ne sert pas à grand-chose si quelqu’un souffre : elle ne change rien.
Pour donner de l’amour aux autres, nous devons d’abord comprendre leurs besoins, ce qui implique de nous mettre à leur place. Si ce sont des gens avec qui nous avons déjà une relation, il nous faudra peut-être observer et poser des questions pour mieux saisir leur situation. Dans un cas plus général, nous devrons éventuellement nous informer sur un groupe dont le statut ou les besoins sont différents des nôtres, parce qu’ils sont d’une autre génération, d’une autre nationalité, d’une autre ethnie, d’une autre classe socio-économique.
C’est l’empathie : faire notre possible pour mieux comprendre la situation de l’autre et imaginer ce que cela peut être de vivre quelque temps à sa place. Mais est-ce suffisant ?
Aimer réellement notre prochain exige aussi qu’après avoir mieux compris la peine de quelqu’un, nous fassions ce que nous pouvons pour l’en soulager, pour alléger son fardeau d’une manière ou d’une autre. C’est le moment où l’empathie se transforme en compassion.
La collection suivante d’extraits du Nouveau Testament procure une référence sur la compassion à travers la vie exemplaire de Jésus et certaines de ces paraboles bien connues. Il convient de noter que sa compassion était souvent dirigée vers d’absolus étrangers et qu’il fréquentait et aidait volontiers des gens méprisés par les chefs religieux de l’époque.
Même si nous n’avons pas le pouvoir d’accomplir des miracles, l’exemple de Jésus montre clairement que nous devrions être prêts à aider les autres de toutes les façons possibles. Parfois, cela signifie simplement de prier pour eux. En fonction de la situation, cela peut également impliquer de contribuer à leur nourriture quand ils ont faim, ou d’aller vers eux quand ils sont malades, ou bien d’être simplement là quand ils ont besoin d’être écoutés, c’est-à-dire en agissant dans la mesure de nos capacités pour atténuer leur fardeau.
1. Compassion de Jésus
« Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger. Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (Matthieu 9 : 35‑38 ; c’est nous qui soulignons dans les citations).
2. Multiplication des pains pour les cinq mille hommes
« Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l’écart dans un lieu désert ; et la foule, l’ayant su, sortit des villes et le suivit à pied. Quand il sortit de la barque, il vit une grande foule, et fut ému de compassion pour elle, et il guérit les malades. Le soir étant venu, les disciples s’approchèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l’heure est déjà avancée ; renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages, pour s’acheter des vivres.
Jésus leur répondit : Ils n’ont pas besoin de s’en aller ; donnez-leur vous-mêmes à manger.
Mais ils lui dirent : Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons.
Et il dit : Apportez-les-moi. Il fit asseoir la foule sur l’herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains et les donna aux disciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, sans les femmes et les enfants » (Matthieu 14 : 13‑21).
3. Multiplication des pains pour les quatre mille hommes
« Jésus, ayant appelé ses disciples, dit : Je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu’ils sont près de moi, et ils n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin.
Les disciples lui dirent : Comment nous procurer dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande foule ?
Jésus leur demanda : Combien avez-vous de pains ?
Sept, répondirent-ils, et quelques petits poissons.
Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains et les poissons, et, après avoir rendu grâces, il les rompit et les donna à ses disciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient. Ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, sans les femmes et les enfants » (Matthieu 15 : 32‑38).
4. Parabole du serviteur impitoyable
« Alors Pierre s’approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ?
Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette soit acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : Aie patience envers moi, et je te paierai tout. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.
Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l’étranglait, en disant : Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant : Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié [la Nouvelle Bible Segond donne ici avoir compassion] de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux [geôliers], jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur » (Matthieu 18 : 21‑35).
5. Deux aveugles recouvrent la vue
« Lorsqu’ils sortirent de Jéricho, une grande foule suivit Jésus. Et voici, deux aveugles, assis au bord du chemin, entendirent que Jésus passait, et crièrent : Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David !
La foule les reprenait, pour les faire taire ; mais ils crièrent plus fort : Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David !
Jésus s’arrêta, les appela, et dit : Que voulez-vous que je vous fasse ?
Ils lui dirent : Seigneur, que nos yeux s’ouvrent. Ému de compassion, Jésus toucha leurs yeux ; et aussitôt ils recouvrèrent la vue, et le suivirent » (Matthieu 20 : 29‑34).
6. Jésus soigne un lépreux
« Un lépreux vint à lui ; et, se jetant à genoux, il lui dit d’un ton suppliant : Si tu le veux, tu peux me rendre pur.
Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta, et il fut purifié » (Marc 1 : 40‑42).
7. Jésus ressuscite le fils de la veuve de Naïn
« Le jour suivant, Jésus alla dans une ville appelée Naïn ; ses disciples et une grande foule faisaient route avec lui. Lorsqu’il fut près de la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville. Le Seigneur, l’ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit : Ne pleure pas ! Il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort s’assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère » (Luc 7 : 11‑15).
8. Parabole du bon Samaritain
« Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?
Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même.
Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras.
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ?
Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui fortuitement descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ?
C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi.
Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même » (Luc 10 : 25‑37).
9. Parabole du fils perdu
« Il dit encore : Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait.
Étant rentré en lui-même, il dit : Combien d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes ouvriers.
Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et l’embrassa. Le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et revêtez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous ; car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Luc 15 : 11‑21).