Le deuil

Vue d'ensemble

Le deuil est une émotion humaine naturelle et inévitable qui résulte de la perte d’un être cher, d’une maladie chronique ou d’autres expériences traumatisantes. Tout au long de la Bible, le deuil n’est pas présenté comme une faiblesse ni comme quelque chose à éviter, mais comme une réponse appropriée à la souffrance de la vie. Les Écritures offrent des exemples d’expressions individuelles et collectives de la douleur, et de nombreuses figures bibliques éminentes sont décrites comme ayant traversé diverses formes et intensités de deuil. Bien sûr, tous les épisodes de leur vie ne sont pas rapportés, mais il est raisonnable d’affirmer que le deuil était une expérience universelle à l’époque biblique.

Comme toute personne confrontée à une perte, ces individus avaient besoin de temps pour traverser leur deuil. Avec le temps, ils retrouvaient un nouvel état de normalité, même si les traces de cette épreuve demeuraient. L’amour que nous portons à quelqu’un qui est décédé, par exemple, n’est pas quelque chose que l’on oublie — et ce n’est d’ailleurs pas quelque chose que l’on devrait oublier.

La Bible présente le deuil comme une composante intégrale de l’expérience humaine, qui touche chacun. Elle donne peu d’instructions directes sur la manière de gérer cette émotion profonde. Les Écritures illustrent plutôt le deuil au moyen de récits et d’expressions poétiques, laissant entendre qu’il s’agit d’un processus temporaire mais nécessaire qui, bien que profondément douloureux, peut conduire à la restauration, à une croissance issue de l’épreuve et à un renouveau de la force intérieure.

À travers l’ensemble des Écritures, les récits de deuil couvrent des pertes diverses, notamment la mort, la séparation, les tragédies nationales, l’aliénation (d’avec Dieu ou avec autrui) et les conséquences du péché. Les textes bibliques reconnaissent que le deuil peut affecter aussi bien l’individu que des communautés entières, soulignant ainsi l’importance du soutien collectif dans les temps de souffrance.

Romains 12 : 15 (Nouvelle Edition de Genève – NEG1979)
Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent.


Terminologie hébraïque

Les Écritures hébraïques emploient une variété de termes pour exprimer les différentes facettes du deuil, chacun mettant en lumière des dimensions particulières de l’expérience du deuil. Plusieurs de ces termes dérivent de trois racines hébraïques principales : y-g-h, kh-l-h et s-p-d.

Selon le Dictionnaire théologique de l'Ancien Testament, le sens premier de la racine y-g-h est celui d’un « trouble mental résultant de l’affliction ». Elle met l’accent sur les aspects psychologiques du deuil, soulignant la « peine intérieure » ou la « détresse mentale » comme composante centrale.

Une autre racine, kh-l-h, signifie fondamentalement « devenir malade » voire « dépérir ». Employée dans le contexte du deuil, elle évoque un état de souffrance psychique assimilable à une maladie, établissant un parallèle entre la douleur émotionnelle et l’affliction physique. Ésaïe 53 : 3, qui décrit prophétiquement Jésus-Christ comme le serviteur souffrant, utilise cette racine lorsqu’il déclare qu’il était « Homme de douleur et habitué à la souffrance » (NEG1979). Toutefois, comme l’indiquent de nombreuses autres traductions, il s’agit vraisemblablement ici du deuil plutôt que d’une maladie physique. De manière remarquable, le lien entre la douleur physique et la souffrance émotionnelle est bien réel : des recherches scientifiques ont montré qu’elles présentent une signature neuronale similaire. La détresse émotionnelle peut engendrer une douleur physique, et inversement.

Une troisième racine hébraïque, s-p-d, concerne presque exclusivement le deuil et la lamentation liés à la mort d’un être cher. Elle englobe à la fois la tristesse ressentie intérieurement et les rituels formels par lesquels le chagrin et le deuil sont exprimés publiquement.

Des exemples bibliques de deuil

La tristesse n’est pas incompatible avec la nature de Dieu ni avec sa parfaite justice. Au contraire, la Bible présente plusieurs exemples où le Père et Jésus-Christ ont éprouvé du chagrin.

Le livre de la Genèse décrit la peine de Dieu face à la méchanceté de l’humanité avant le Déluge, révélant une douleur divine suscitée par l’échec moral de l’être humain.

Genèse 6 : 5–6 (NEG1979)
L’Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. L’Eternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur.

Dieu exprime également son chagrin face au rejet d’Israël, ainsi que la frustration qui l’accompagne lorsqu’il ne cesse de tendre la main sans recevoir de réponse.

Ésaïe 65 : 1–2 (NEG1979)
« J’ai exaucé ceux qui ne demandaient rien, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas ; J’ai dit : Me voici, me voici ! A une nation qui ne s’appelait pas de mon nom. J’ai tendu mes mains tous les jours vers un peuple rebelle, Qui marche dans une voie mauvaise, Au gré de ses pensées. »

Le Nouveau Testament présente Jésus comme ayant éprouvé un profond chagrin à plusieurs reprises. Par exemple, lorsqu’il se lamente du rejet dont Jérusalem l’a fait l’objet, il exprime une profonde tristesse face à l’état spirituel de la ville.

Matthieu 23 : 37 (NEG1979)
« Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! »

Quiconque a perdu un ami cher ou un membre de sa famille peut comprendre la simplicité avec laquelle la Bible décrit la réaction de Jésus à la mort de son ami Lazare :

Jean 11 : 35 (NEG1979)
Jesus began to weep.

Et alors que Jésus anticipait sa mort imminente, il a partagé ouvertement son angoisse avec certains de ses disciples et leur a expressément demandé de rester éveillés avec lui.

Matthieu 26 : 37–38 (NEG1979)
Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors : « Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi. »

La Bible reconnaît que le deuil n’est pas uniquement le fruit d’une perte. Un désir inassouvi peut également engendrer une profonde tristesse, accompagnée d’autres émotions complexes fréquemment observées chez les personnes en deuil. Avant de concevoir le prophète Samuel, Hannah était si profondément affligée par son infertilité qu’Éli, le prêtre, la prit pour une femme ivre.

1 Samuel 1 : 14–16 (NEG1979)
…et il lui dit : Jusqu’à quand seras-tu dans l’ivresse ? Fais passer ton vin. Anne répondit : « Non, mon seigneur, je suis une femme qui souffre en son cœur, et je n’ai bu ni vin ni boisson enivrante ; mais je répandais mon âme devant l’Eternel. Ne prends pas ta servante pour une femme pervertie, car c’est l’excès de ma douleur et de mon chagrin qui m’a fait parler jusqu’à présent. »

David a connu de multiples formes de deuil au cours de sa vie et a exprimé sa douleur dans d’innombrables psaumes. Il a pleuré la mort d’Abner, de Saül et de Jonathan, la mort de son fils nouveau-né issu de son union avec Bath- Schéba, ainsi que ses propres fautes morales, en particulier son adultère avec Bath- Schéba (Psaume 51). Il a également reconnu la peine causée par la trahison d’un ami proche :

Psaumes 55 : 13–14 (NEG1979)
Ce n’est pas un ennemi qui m’outrage, je le supporterais ; Ce n’est pas mon adversaire qui s’élève contre moi, Je me cacherais devant lui. C’est toi, que j’estimais mon égal, Toi, mon confident et mon ami !

Comme nous l’avons vu, la Bible reconnaît et légitime l’expression du deuil sous de nombreuses formes, y compris dans la prière adressée à Dieu. Le Psaume 88 constitue l’une des descriptions les plus sombres du deuil dans les Écritures : il offre peu de résolution, mais montre que des expressions brutes de douleur sont acceptables aux yeux de Dieu. Comme le montre ce psaume, le récit biblique ne suggère pas que le deuil et le chagrin doivent nécessairement être suivis de pensées positives, ni qu’ils se résolvent rapidement. Le livre des Lamentations, en effet, constitue une longue réponse de chagrin à la destruction de Jérusalem, démontrant que le deuil prolongé face à des pertes majeures est pleinement légitime d’un point de vue biblique.

La Bible n’aborde pas l’idée de « stades du chagrin » (Aujourd’hui, les conseillers en accompagnement du deuil ne soutiennent plus l’idée que le chagrin se manifeste de cette manière). Elle contient toutefois des passages qui reconnaissent la nature complexe des réactions humaines face à la perte. Par exemple, plusieurs termes hébreux utilisés pour décrire l’état émotionnel de Job durant son épreuve sont associés non seulement au deuil et au chagrin, mais aussi à la colère et à d’autres émotions :

Job 6 : 2 (NEG1979)
« Oh ! s’il était possible de peser ma douleur, Et si toutes mes calamités étaient sur la balance ! »

Job 17 : 7 (NEG1979)
« Mon œil est obscurci par la douleur ; Tous mes membres sont comme une ombre. »

Assistance Communautaire

Tous les exemples précédents — y compris ceux concernant Dieu et le Christ — montrent que le deuil n’est ni un péché ni le signe d’une faiblesse spirituelle. Nous ne devrions ni chercher à le précipiter vers une résolution, ni tenter de l’éviter. Au contraire, le récit biblique accorde une autorisation explicite à l’expérience du deuil : celui-ci a une place et un temps légitimes dans nos vies.

Ecclésiaste 3 : 4 (NEG1979)
[Il y a] un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser...

La Bible souligne également l’importance du soutien communautaire durant ces périodes inévitables de deuil. En plus de donner des instructions explicites invitant à porter les fardeaux les uns des autres, elle offre de nombreux exemples concrets de ce type de soutien en action.

Jean 11 : 17–19 (NEG1979)
Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre. Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ, beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère.

Plus tard, lorsque Marie est allée à la rencontre de Jésus, d’autres l’ont accompagnée. Jésus a été profondément ému, non seulement par le chagrin des femmes elles-mêmes, mais aussi par celui des membres de la communauté qui les consolaient et les soutenaient.

Jean 11 : 32–33 (NEG1979)
Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému.

Comme nous l’avons vu, Jésus a demandé à ses disciples de demeurer auprès de lui durant sa détresse, avant son arrestation et sa crucifixion. Mais il existe de nombreux autres exemples qui établissent le principe du deuil et chagrin partagés et la nécessité de la présence d’autrui dans les moments de deuil. L’un de ces récits est celui des amis de Job, qui, dans un premier temps, ils étaient assis auprès de lui en silence pendant sept jours.

Job 2 : 11–13 (NEG1979)
Trois amis de Job, … apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler. Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête. Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande.

Les amis de Job ont d’abord manifesté un soutien approprié face au deuil en s’asseyant auprès de lui dans une solidarité silencieuse. Mais lorsqu’ils ont commencé à parler, leurs propos sont devenus de plus en plus blessants pour Job. Chacun, à tour de rôle, a offert son opinion non sollicitée sur la raison de ses souffrances. Ce faisant, ils ont totalement mal évalué la situation et formulé de nombreuses suppositions erronées, tant au sujet de l’innocence de Job que de la nature et des intentions de Dieu. Ils ont conclu à tort que Job devait avoir commis un grave péché caché pour lequel Dieu le punissait. Ce qu’ils ignoraient, c’était que Satan (désigné dans les Écritures comme « l’accusateur ») s’était engagé à éprouver la fidélité de Job envers Dieu, précisément parce qu’il était un homme droit (Job 1 : 6–12 ; 2 : 1–7). Pourtant, même après que Satan lui avait tout enlevé, Job ne s’est pas détourné de Dieu.

Job 1 : 20–22 (NEG1979)
Alors Job se leva, déchira son manteau, et se rasa la tête ; puis, se jetant par terre, il se prosterna, et dit : Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L’Eternel a donné, et l’Eternel a ôté ; que le nom de l’Eternel soit béni ! En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu.

Non seulement les amis de Job se sont trompés dans leurs suppositions concernant son comportement et celui de Dieu, mais ils ont aussi échoué lamentablement dans leur tentative de soutenir un ami en deuil. Lorsqu’une personne traverse une période de deuil, ce n’est pas le moment d’offrir des opinions non sollicitées sur ce qu’elle aurait pu faire autrement ni sur la manière dont elle devrait gérer sa souffrance. La réaction de Job face à leurs discours le montre clairement :

Job 16 : 2–3 (NEG1979)
« J’ai souvent entendu pareilles choses ; Vous êtes tous des consolateurs fâcheux. Quand finiront ces discours en l’air ? Pourquoi cette irritation dans tes réponses ? »

Plus loin dans le livre de Job, Dieu lui-même réprimande les amis de Job pour leur comportement :

Job 42 : 7 (NEG1979)
Après que le Seigneur eut adressé ces paroles à Job, il dit à Eliphaz de Théman : « Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. »

Réconfort et espoir pour ceux qui sont en deuil

Bien que l’engagement auprès de la famille, des amis et de la communauté pour recevoir l’encouragement dont nous avons besoin soit essentiel, la Bible a également beaucoup à dire sur l’importance de se tourner vers Dieu pour obtenir du soutien en temps de deuil. Les Écritures présentent Dieu comme étant activement engagé à réconforter ceux qui souffrent.

Par exemple, le Psaume 34 : 18 affirme que « Lorsque les hommes justes lancent leurs cris vers lui, le Seigneur les entend ; aussi, il les délivre de toutes leurs détresses. » (La Bible du Semeur). De plus, dans une image poétique, le Psaume 56 : 8 suggère que Dieu recueille les larmes des affligés dans une outre, illustrant son attention attentive et sa mémoire du chagrin humain.

Lorsque nous sommes accablés par une profonde détresse, nous sommes encouragés à porter notre chagrin devant Dieu :

Psaumes 55 : 22 (Louis Segond)
Remets ton sort à l'Éternel, et il te soutiendra, Il ne laissera jamais chanceler le juste.

La Bible offre de manière constante une espérance à ceux qui traversent le deuil. Matthieu 5 : 4 promet que « ceux qui pleurent […] seront consolés », et 1 Thessaloniciens 4 : 13–18 aborde le chagrin lié à la mort d’un être cher en proposant une espérance fondée sur le dessein de Dieu concernant la résurrection et la vie éternelle. Le livre de l’Apocalypse apporte l’assurance ultime : Dieu mettra un jour fin à toute douleur, à toute souffrance et à tout deuil.

Apocalypse 21 : 3–4 (NEG1979)
J’entendis du trône une forte voix qui disait : « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. »

À mesure que l’apaisement s’installe dans le deuil, la Bible nous invite à reconnaître le rôle de Dieu dans cette restauration, soulignant à travers de nombreux psaumes que le deuil, bien que réel et douloureux, est temporaire au regard de la fidélité éternelle de Dieu.

Psaumes 30 : 2–6 (Segond 21)
Je proclame ta grandeur, Eternel, car tu m’as relevé, tu n’as pas voulu que mes ennemis se réjouissent à mon sujet. Eternel, mon Dieu, j’ai crié à toi, et tu m’as guéri. Eternel, tu as fait remonter mon âme du séjour des morts, tu m’as fait revivre loin de ceux qui descendent dans la tombe. Chantez en l’honneur de l’Eternel, vous qui l’aimez, célébrez par vos louanges sa sainteté, car sa colère dure un instant, mais sa grâce toute la vie : le soir, arrivent les pleurs, et le matin, l’allégresse.

La Bible ne promet pas que nous serons épargnés par le deuil, la tristesse ou d’autres circonstances traumatisantes au cours de notre vie, mais elle nous assure — une fois encore par un langage métaphorique — que nous ne sommes pas seuls lorsque nous y sommes confrontés :

Ésaïe 43 : 2 (NEG1979)
« Si tu traverses de l’eau, je serai moi-même avec toi ; si tu traverses les fleuves, ils ne te submergeront pas. Si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas et la flamme ne te fera pas de mal. »

L’une des manières de donner du sens à notre deuil consiste à reconnaître que la croissance intérieure acquise à travers notre expérience peut servir à soutenir autrui. Plutôt que de prodiguer des conseils sur la manière de faire son deuil, nous pouvons accompagner les autres en reconnaissant la complexité du deuil et en faisant preuve de la patience et de la compréhension nécessaires pour leur permettre de le traverser à leur manière. Ayant nous-mêmes éprouvé le besoin d’un soutien empreint d’amour, et ayant reçu la force tranquille de la présence et des assurances de Dieu, nous sommes désormais mieux préparés à offrir, à notre tour, cette même présence, cette même force silencieuse et ce même soutien aux autres.

2 Corinthiens 1 : 3–4 (Segond 21)
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père plein de compassion et le Dieu de tout réconfort ! Il nous réconforte dans toutes nos détresses afin que nous puissions réconforter ceux qui se trouvent dans la détresse, grâce à l’encouragement que nous recevons nous-mêmes de la part de Dieu.

Le message ultime

La perspective biblique suggère que le deuil est une conséquence naturelle du fait de vivre dans un monde imparfait. Nous n’y sommes pas immunisés, même lorsque nous avons la foi — et une foi solide n’exclut pas un deuil intense. Nous comprenons plutôt que le deuil est une réaction normale à la rupture et à la perte qui imprègnent le monde physique actuel. Reconnaître cette réalité ne signifie pas que nous manquons d’espérance quant à la restauration ultime.

Les exemples de fidèles serviteurs de Dieu ayant éprouvé une profonde tristesse, tout comme les descriptions du chagrin divin, montrent que le deuil et la foi ne sont pas des états contradictoires. Le deuil n’est ni un signe de faiblesse spirituelle ni une preuve de manque de confiance en Dieu.

La Bible met également l’accent sur le soutien communautaire, notamment par la compassion envers autrui et la visite de ceux qui sont dans le besoin. Cela établit des attentes élevées quant à la manière dont les communautés devraient répondre à ceux qui sont en deuil. Le principe de « pleurer avec ceux qui pleurent » fournit un modèle de soutien qui exige une compassion authentique, manifestée par la présence physique, la patience et une aide concrète.

Malheureusement, il peut être difficile de pleurer avec ceux qui pleurent lorsque nous ignorons qu’ils ont subi une perte, ou lorsque nous supposons que cette perte est relativement mineure. On parle alors souvent de deuil non reconnu (ou Le déni de chagrin), une forme de deuil vécue lorsque la société ne reconnaît pas ou ne valide pas certains types de pertes. L’approche biblique du deuil reconnaît pourtant de multiples formes de perte et de tristesse. Elle admet que les personnes peuvent avoir des raisons légitimes de pleurer, même lorsque leur perte passe inaperçue aux yeux des autres ou est minimisée par la société, comme le désir inassouvi d’avoir un enfant, le chagrin lié à une faiblesse personnelle, ou encore la séparation d’avec sa patrie ou d’un être cher.

Nous devons également reconnaître que, dans la société moderne, les systèmes de soutien émotionnel que peuvent offrir la communauté et la famille ont leurs limites en période de deuil. En l’absence de ces réseaux, ou dans certaines circonstances particulièrement difficiles, le deuil peut devenir complexe ou évoluer vers une dépression clinique. Comme pour toute autre difficulté physique ou psychologique, la perspective biblique soutient le recours à une aide professionnelle lorsque cela s’avère nécessaire.

Les conseillers contemporains spécialisés dans l’accompagnement du deuil s’appuient sur de nombreux principes qui concordent avec les perspectives bibliques. Ils reconnaissent que le processus du deuil demande du temps, un soutien communautaire et une espérance tournée vers l’avenir, autant d’éléments en harmonie avec la sagesse biblique. Les approches modernes d’un deuil vécu de manière saine prennent également en compte les dimensions du soutien spirituel et de la quête de sens — et le récit biblique a beaucoup à dire sur le sens global de la vie

La perspective biblique du dessein de l’humanité établit un équilibre entre notre réalité présente, parfois sombre, et une espérance future. Tout en reconnaissant que le deuil est inévitable, le récit biblique nous réconforte par l’assurance qu’il est aussi temporaire. Cette perspective n’a pas pour but de précipiter le processus du deuil, mais plutôt de nous rappeler que la souffrance actuelle ne durera pas éternellement.

Les personnes font face aux pertes et au deuil de façons diverses, et les exemples bibliques que nous avons examinés le montrent clairement, sans jamais suggérer qu’une telle diversité de réactions serait inappropriée. Nulle part la Bible n’indique que nous devrions répondre au deuil de façon uniforme ou selon un calendrier précis.

La Bible présente le deuil comme une réalité légitime et profondément éprouvante — mais temporaire, par la miséricorde de Dieu— de l’expérience humaine. Elle renferme une richesse de passages qui offrent du réconfort à ceux qui sont dans le deuil, ainsi que des repères pour ceux qui cherchent à mieux soutenir les personnes endeuillées.

Le message ultime est que nous pouvons reconnaître la douleur bien réelle du deuil tout en conservant une pleine confiance dans la certitude d’une guérison future et d’une restauration complète.